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| Les Nouveaux Expatriés ou la Recherche d'un Job en Californie sans filet |
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"Travaillez à l'étranger", " Tout pour s'expatrier", lit-on régulièrement en accroche de magazine, faisant rêver le lecteur-badaud... Mais ces articles manquent souvent de concret, de vécu, de transpiration, dirons-nous car ils partent d'un schéma aujourd'hui perimé pour la nouvelle génération de cadres: celle de l'expatriation tous frais payés, aux frais d'une societé et meme pour le compte d'une société. Voici pour apporter un peu de réalisme a cette vision et présenter les defis que relèvent certains français, un apercu de l'auto-expatriation récente de cadres de formation commerciale vers le bel état ensoleillé qu'est la Californie. Cela pour varier un peu des informaticiens, souvent evoqués de par leur arrivée massive ici il y a dix ans! Ceux dont il est question sont partis à la conquete de l'ouest, seuls, à deux ou en famille, la ou leurs formation francaise n'a plus la meme valeur, ou leur statut juridique depend de l'obtention d'un visa, et ou de trente cinq heures, de securite sociale, ou d'assurance chomage il n'est pas, mais alors, pas du tout question, et où ils sont d'une autre langue et d'une autre culture! Ils sont partis souvent rejoindre l'ame soeur et sont aIl«és sont allés a la fois dans le sud show biz et m'as-tu-vu, autour de Los Angeles, et dans le nord high-tech et écolo, sur San Francisco et la Silicon Valley puis, plus au nord encore, autour de Seattle, siège d'Amazon et de Microsoft. La Californie acceuillerait selon des estimations des consulats quelques 60 000 francais, hommes, femmes et enfants compris. Ceci est certainement en deca de la réalité, un certain nombre de français installés ici de longue date étant devenus totalement americanisés, et n'apparaissant dès lors meme plus dans les statistiques realisées a partir des immatriculés aux consulats. Ils ne repartent peut-etre plus, mais l'arrivee ne fut pas toujours facile... Quelques conseils basés sur des dizaines de temoignages de ces femmes et de ces hommes partis à leur compte - ou en tous cas sans tapis rouge.
Ironiquement, la Sorbonne a meilleure cote que n'importe quelle Grande Ecole en Californie et Hachette n'y est pas un grand nom... C'est la carte que firent jouer Laetitia et Corentine parties toutes deux sans filet. Laetitia choisit de venir tenter sa chance aux USA, à peine diplomée de sa formation commerciale en 2000, pour retrouver le jeune homme rencontré lors d'un échange d'un an a San Jose State University, à l'extrème sud de la Silicon Valley. Elle contacte à distance les sociétés du secteur du vin, se disant qu'une francaise y est toujours bien vue, meme sans experience particulière dans le domaine. Et elle a raison. Elle vient rencontrer deux sociétés sur visa touriste et décroche une promesse d'embauche de Victoire Imports qui lui permet de revenir sous statut J1. Un an plus tard elle se marie et obtient l'autorisation de travailler. Elle se laisse tenter au moment du boom d'internet par une start-up du vin, Exceptional Wines, qui s'avère trop instable alors que son mari est encore étudiant, et opte un an après d'intégrer Adventures in Wine, entreprise plus établie, de nouveau au Service Client et Logistique. Repartir de San Francisco? Dans deux ou trois ans peut-etre, mais pas tout de suite... Corentine, elle, reussit à rejoindre son ami employé dans la restauration a San Diego grace à SanDiegoFrance.com , site et association qui organisait des petits-déjeuners d'accueil pour les nouveaux arrivants francais. Trois jours après avoir transmis son CV à l'une des organisatrices, elle recoit une offre d'embauche chez Systran, géré par l' époux de celle-ci et est toujours chez eux, trois ans après. Hervé, lui, 37 ans aujourd'hui, s'arma de patience et de stratégie après avoir rencontré l'ame soeur americaine lors de sa coopération a Houston. Son choix de poste s'orienta vers une société ayant des operations aux USA. Résultat, il travaille pendant plus de deux ans pour Motul en tant que commercial export en Europe de l'Est , avant de se faire envoyer à Los Angeles. Attention, la PME Motul de l'epoque le "détache". Il garde une base de salaire et une couverture sociale 100% francaises et recoit une allocation loyer et une voiture. Pas la Rolls de l'expatriation mais pas mal non plus! Ayant obtenu sa carte verte par alliance, il passe ensuite à un statut d'embauche local, avec salaire adapté au marché local et couverture santé et assurance retraite locales. Il est toujours chez MOTUL. L'expatriation controlée donc... On pourrait même dire: l'émigration bien preparée!
Les formations ingenieur francaises ont de facon générale la cote aux USA, par opposition aux formations commerciales. Reste aux commerciaux à y faire leurs preuves sans doute! Ceux qui ont des grands noms voyagent plus facilement. Voici l'histoire d'E. et S., mariés et partis tous deux de France en 1997, lui étant consultant, envoyé par un grand cabinet de conseil à New York pour démarrer leur activité la-bas. N'ayant obtenu une expatriation de Danone Waters qui l'employait en France, S. démissionne et cherche à New York. Elle démarre avec un visa J1 puis a la chance que Roland Berger fasse une procédure de carte verte pour son mari, qui va la couvrir et lui donner la possibilité de travailler neuf mois après son arrivée. Elle se fait alors embaucher par... Danone Waters à New York! Suivent des mutations- un des prix de travailler aux Etats-Unis. Lui est envoyé a San Francisco, elle a Los Angeles- à a peine une heure d'avion l'une de l'autre! Après une pèriode de vie à distance, E. se fait recruter sur un statut de consultant pour HP sur Los Angeles, avant de s'y faire embaucher comme salarié à part entiere. S. est toujours chez Danone. Ils fréquentent principalement des américains et pensent s'installer ici.
Il faut pour cela soit passer par un échange universitaire, soit faire une formation complète en institution americaine de type Bachelor's ou Master's. C'est ce qu'ont fait C. et Francois, tous deux issus de l'ESCP. Lui est venu faire un MBA sur deux ans a Harvard (à Boston) pendant que Carla suivait un Master of Integrated Marketing Communications à Northwestern. Ils trouvent chacun un emploi à la sortie, C. sur la cote est, F. en Californie... A la recherche d'un emploi sur la cote Ouest, C. décide d'accepter dans un premier temps un emploi sous-sous-qualifié car seul cet employeur souhaite la sponsoriser pour un visa de travail. Elle évolue après- et finit meme par créer sa société. Ces formations coutent tout de meme très cher: $100 000 pour le MBA, $50,000 pour un Master's sur 18 mois. Les salaires à la sortie en tiennent compte, oscillant entre $70 000 et $120,000, mais il faut vivre aussi. Les remboursement s'echelonnent donc pour beaucoup sur de longues années!
Visa de financé(e), green card par mariage ou sous l'ombrelle de la procédure lancée pour un conjoint, ou encore J1...Compter sur l'obtention d'un visa de travail H1B n'est pas conseillé pour se donner toutes les chances de succès, surtout ces temps-ci! Renseignez-vous auprès de Council.sur le visa J1 qui permet aux jeunes diplomés de l'enseignement supèrieur de travailler 18 mois aux USA: c'est le visa le plus accessible Catherine, diplomée de l'ESSEC, eut du fil a retordre lorsqu'elle décida de quitter un poste motivant a la Société Générale pour rejoindre son ami francais installé lui dans la Silicon Valley en tant que créateur d'entreprise. Point de pont d'or vers Palo Alto de la Societe Generale, qui n'offrait des opportunités qu'a New York et encore, peu attrayantes a ses yeux. Sure de son parcours, Catherine part donc sans filet, avec l'espoir d'obtenir un visa de travail H1B via un employeur local- comme tant d'informaticiens l'ont fait. Elle cherche un poste sur place mais la finance n'est pas l'informatique: la question du visa et sa maitrise toute relative de la langue font obstacle... Elle prend pour s'occuper des cours de droit dans un Community College ( institut de formations courtes type BTS en France) pendant quelques mois. Elle décide ensuite de se marier alors que son ami démarre une procédure de carte verte via sa société, afin d'en bénéficier elle-aussi. Elle retint son souffle car faire ce grand saut n'était pas urgent à l'époque.... N'empêche, Catherine trouve alors très vite un poste chez Sumitomo Bank dans une fonction de project finance similaire a celle qu'elle exercait en France. Elle y est toujours, alors que Sumitomo a été rachetée depuis et que Catherine a négocié un temps partiel avec son employeur à la naissance de ses enfants- pas évident aux USA! Ils vivent aujourd'hui très confortablement à San Francisco.
Et puis il y a aussi les rares cas pour qui cela marche comme sur des roulettes, voire mieux qu'au pays, sans faire jouer le réseau francais ni le diplome local, mais avec un point d'ancrage personnel quand même.. Une autre Catherine, diplomée de l'EPSCI elle en 1995 passa dans le cadre de ses études un semestre decisif a la Chico State University près de Sacramento, puisqu' elle y rencontre et y épouse l'americain de ses reves. Elle retourne en 1998 en Californie ou, permis de travail en main, elle trouve son premier poste de Brand Manager chez un des rois du produit capillaire, Sebastian International, sur simple reponse a une annonce. Son trilinguisme fut un atout de poids. Après un an, elle passe chez Applause et, deux ans apres, fonde avec l'appui d'un investisseur la société "Circle of Friends" de produits de soins corporels et la dirige pendant 2 ans. Elle l'a cédé à ce meme investisseur a la naissance de sa fille, il y a un an, alors que la societe avait 12 employés et un CA d'1 million de dollars. Dans la tradition bourgeoise américaine, malgré sa carrière fort active et couronnée de succès, elle compte se vouer à l'éducation de sa fille. Circle of friends est toujours profitable et sur le web à: www.circle-of-friends.com. Des difficultés? Peu pour elle. au contraire: " Ma carrière a pris son élan lorsque je suis arrivée ici et je ne pense pas avoir eu l'opportunité de créer ma société en France". L'Amérique- et la Californie plus encore- est toujours aux pionniers...
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