L’expatriation en famille, bien préparer pour réussir

Voici les conclusions d’une table-ronde animée récemment au sein du groupe des diplomés de l’ESSEC avec des anciennes expatriées et le cabinet NetExpat, spécialisé dans
l’accompagnement des doubles carrières dans le cadre de l’expatriation.

Quelques tendances :

  • Après l'expatriation de l'Age 3 (plus de 45 ans) qui a été caractérisée par le syndrome' du 'tapis rouge', l'âge moyen des expatriés se situe aujourd'hui en Age 2 (30-45 ans), avec des packages bien moins généreux et une sensibilisation aux problématiques de la gestion humaine de cette expérience. Les sociétés les plus avancées en matière de mobilité internationale découvrent actuellement les défis propres à la gestion de la mobilité en Age 1 (25-35 ans).
  • L'on voit de plus en plus d'expatriation professionnelles pour les femmes (20% des mobilités internationales professionnelles au niveau mondial concerne les femmes).
  • Se poursuit le remplacement des contrats d'expatriation par des contrats locaux du fait de la pression sur les couts exercée en entreprise. Néanmoins un contrat local avec des avantages conséquents peut être au final assez proche (delta de 10%) d'un contrat d'expatrié classique. Un exemple de contrat 'local plus': l'entreprise offre une surprime compensant partiellement la perte de salaire du conjoint, prend en charge la scolarité des enfants, un retour au pays par an, et éventuellement le coà»t de logement.
  • Apparition d'expatriations de courte durée en Europe (commuting), extrêmement difficiles à vivre sur le plan familial, du fait du décalage entre le rythme de l'expatrié(e) et celui de sa famille.
  • Les entreprises françaises ont encore des difficultés à gérer la mobilité internationale, ne reconnaissant pas l'accompagement humain essentiel à la réussite de cette expérience. Il est vrai que très peu de responsables de mobilité internationale ont personnellement vécu cette expérience et que les formations RH n'abordent pratiquement pas ce thème.

Quelques conclusions sans langue de bois:

  • L'expatriation est une période passionnante, mais pas toujours facile à vivre, notamment sur le plan personnel, du fait des bouleversements pour tous les membres de la famille, conjoint et enfants compris.

  • Une mobilité internationale bien gérée se prépare. Il faut être clair sur sa situation familiale vis-à-vis de l'employeur: le conjoint veut-il travailler sur place? Si oui il est sage de prévoir un accompagnement à la recherche d'emploi via des cabinets comme NetExpat, faute de quoi le conjoint risque de très mal vivre cette période.
  • Des entreprises comme Total et Du Pont de Nemours, apportent un soutient au départ et parfois au retour sous forme de coaching, pour l'expatrié et souvent pour son conjoint. Ce sont des supports essentiels permettant de multiplier les chances de réussite de l'expatriation, pour un coà»t relatif le plus souvent modique eut égard au cout de la mobilité.
  • L'expatriation est encore plus difficile pour une femme : elle doit s'imposer dans son travail, ce qui n'est pas toujours facile dans certains pays. Son conjoint, pour des raisons sociales, devra trouver un job : il est admis qu'une femme accompagnant son mari ne travaille pas. L'inverse n'est pas encore vrai. Elles hésitent donc d'autant plus à se lancer dans l'aventure.

En conclusion : l'expatriation, c'est une chance, mais cela reste une expérience difficile, pour laquelle l'accompagnement humain est une vrai gage de réussite. Avis aux entreprises !!

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