Joyeux comme un prof de conservatoire ou: Masochisme à la française-1
Je me résouds à écrire ce billet même s’il n’est pas très réjouissant, car c’est important de voir ce qu’est la vie en France aujourd’hui ) et ça défoule! J’ai à vous relater un exemple de masochisme à la française, un de plus…
J’avais avec une certaine folie entrepris d’inscrire ma fille au piano au Conservatoire de ma chère commune. Folie, dis-je, car je n’avais pas mesuré la complexité de cette démarche!
Après nous avoir annoncé qu’il n’y avait plus de place, on nous annonca qu’une place s’était libéree début septembre. Merveilleux. La petite avait été inscrite d’office à un cours de chant et un cours de solfège, auxquels devait s’ajouter 20mn du fameux cours de piano individuel…
C’est la que ça se corse. Je suis conviée dans un premier temps à me déplacer impérativement au conservatoire pour la mission très délicate de remplir, aux cotés de la préposée à cette tache au secrétariat, nos préférences en matière d’horaires de cours. Ces préférences ne pouvaient s’exprimer que sur un jour, soit dit en passant. Cela limitait donc nos choix à 16h30 ou 17H puisque ma fille avait déjà les cours mentionnées ci-dessus le jour dit. Un appel aurait sans doute été tout aussi efficace et plus simple pour moi mais je fus heureuse de partager le bureau de cette personne et de ses collègues pendant une quinzaine de minutes et de prendre un petit supplément de gaz d’échappement du coin.
La prochaine étape du ‘ parcours’, m’annonca t’on, était de se présenter à une réunion à 18h30 le jeudi suivant avec le professeur pour voir quel créneau horaire allait être attribué. La aussi, le déplacement ne semblait pas essentiel, mais de discuter il ne semblait point question..
Aujourd’hui eut lieu la scéance de répartition des créneaux du prof, tout puissant pour l’occasion, devant des parents accompagnés d’enfants de tous ages attendant, penauds, que leur sort soit scellé. Les préférences que l’on m’avait demandé d’émettre, en personne qui plus est, furent complètement ignorées, l’orateur du moment choisissant de récolter à la volée des souhaits lorsqu’il annoncait un créneau horaire.
Personne ne pouvait être là à 16h, les enfants sortant d’école à cette heure-là. Un père annonça qu’il pouvait apporter son moufflet pour 16h15. L’éminent musicien lui répondit: ” On dit 16h10?”. On imaginait tous déjà le pauvre gamin, houspillé par l’adulte qui l’accompagne, ” Allez, tu veux être en retard au piano paresseux? Oh, tu as mis du gateau sur ton short, c’est dégoutant, fais attention, tiens prends une claque, etc..” Le professeur semblait, lui, se réjouir à cette idée en attendant la réponse du papa.
L’intéressé répondit heureusement, philosophe: ” Vous êtes dur en négociation. Je propose 16h12?” Rires…
J’attendais que mon tour vienne, celui de 17h par exemple, mais il sauta cet horaire en expliquant qu’il le gardait pour un élève de l’année passée.. Le meilleur créneau était donc déjà pris, par un privilégié, absent à la réunion obligatoire de sucroit! Si ce n’est pas le genre d’attitude qui déclenche des révolutions ça…
Je m’exprimai enfin, expliquant mon cas, même s’il avait en main tous les élements du dit cas. La il fit changer de créneau 2 personnes pour me proposer celui de 16h30. Je me sentais comblée, je plannais de gratitude à l’annonce de cette nouvelle!
J’eus soudain une crainte quand même, en pensant au personnage. Finalement, avais-je vraiment envie que ma petite fille, douce et adorable, soit sous le joug de ce genre de personnage, ne serait-ce que 20 mn par semaine?
Cette pensée fut vite confirmée par la remarque qu’il me fit ensuite: ” Et vous pourrez rester avec elle pendant le cours? Parcequ’elle va tout de suite oublier ce que je vais lui dire, donc je compte sur vous pour lui rappeller”. Mais oui, pourquoi se contenter d’une victime, deux c’est beaucoup mieux…
En bien non en fait. Je suis partie avec mon créneau mais je vais le lui rendre demain, par téléphone, oh non, si je le faisais par Internet!!! Je ne suis pas sure qu’ils aient l’email… Il pourra provoquer une autre joyeuse réunion de groupe pour réattribuer ses 20 minutes de domination successive…
Un autre exemple ordinaire de vexation quotidienne en France en 2006.

Et oui, certain francais ont un cote sado-maso. Je dis souvent qu’ils ont besoin de prendre le large et d’aller vivre a l’etranger pour sortir de leur frustration qui les ammenent a s’entre-vexer toute la journee.
↓ Quote | Posted October 26, 2006, 11:17 pm