La Bulle 2.0 – Part 2

Par contre, je repose la question de 2000: Euh, quel modèle économique pour ces sites d’échange au fait?

Le modèle quantitatif: gratuité – inscriptions massives d’invidivus – publicité massive ne tient pas la route à mes yeux.

Il me semble que les financiers qui arrosent de millions les jeunes créateurs de DailyMotion et autres Friendster ont l’esprit troublé par les chiffres impressionants de visiteurs et oublient qu’il est bien beau d’avoir beaucoup de monde prêt à utiliser un produit gratuit – ah bon? étonnant ça!- mais qu’il faut vivre de cette activité aussi! A moins d’avoir en tête à terme de revendre ces millions de noms à un acheteur plus ou moins scrupuleux dans son exploitation du fichier et prêt à payer très cher cet achat.

Faisons un petit calcul de ce que peut rapporter la publicité sur un site tout jeune comme DailyMotion, dont un des fondateurs passait sur une de mes émissions radio préférées: l’Atelier Numérique sur B FM (96.4 à Paris), ma chaine de prédilection.

Le site aurait 500 000 visiteurs par jour. Disons que cela se transforme en 2 500 000 pages vues ( 5 par visite) . Savez-vous aujourd’hui ce que rapporte en publicité en moyenne un clic pour le mot ‘ mp3′ sur une annonce Google AdWords? 0, 18 Euro.

  • Si nous imaginons que 0,7 % de nos visiteurs vont cliquer sur une annonce pour des chansons en mp3, cela fait 630 Euros par jour de revenu, soit 18 900 Euros par mois.
  • Si on multiplie par 3 ce chiffre en nous disant qu’il y aura bien 3 annonces par page, cela fait 56 700 Euros par mois.

Par rapport aux millions accordés par les VCs pour le fonctionnement de l’entreprise, ça fait encore un peu juste…

Etait ensuite interviewé l’heureux inventeur de NetVibes, un français qui a eu l’idée géniale de permettre à chacun et à chacune de créer sa page portail, avec les contenus qu’il ou elle utilise et apprécie le plus. Fort bien, à nouveau, mais son modèle était celui de l’affiliation, qui consiste à se rémunérer sur les achats faits via les prestataires référencés sur les pages des internautes. L’achat de billets d’avion était son grand exemple.
Or l’affiliation rapporte, au mieux, 10% du prix d’achat d’un produit ou service. C’est à dire que NetVibes aurait au mieux, le même modèle de revenu qu’une agence ou qu’un site de voyage – avec des frais plutôt importants de développement et de publicité si on en juge par les millions injectés chez eux – et un volume moindre qu’un site de voyage, forcément, puisque là n’est pas son activité principale. Il me semblait un créatif bien chanceux d’avoir réussi à attirer tous ces $$$.
So… the real REVENUE $$$, where are they?

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