Vivre à San Francisco: respirer, admirer, souffler

Précisons dès le départ plusieurs remarques:

  • Il y a San Francisco et la Baie de San Francisco. Vivre à San Francisco même n'a rien a voir avec vivre dans l'est de la Baie (Berkeley, Emeryville), le sud de la Baie ( Palo Alto, Cupertino, San josé) ou le nord de la Baie ( Tiburon, Corte Madera, Mill Valley). J'ai vécu à Berkeley, gros bourg étudiant rebelle. San Francisco est la seule vraie ville au sens francais de la Baie…
  • Mon point de vue est celui d'une 'auto-expatriée',arrivée ici par ses propres moyens il y a 4 ans avec un époux étudiant, sans filet, et avec un enfant, puis deux…J'ai cessé d'exercer un emploi salarié et ai géré pendant 4 ans avec une petite équipe le site original et ambitieux Frenchparents (.org à l’origine, devenu .net). Ma fille était scolarisée a plein temps et mon jeune fils en garde à mi-temps.

    Cela est donc le point de vue de quelqu'un qui travaille sur son iBook à domicile et voit plus les espaces verts et les jolis coins à promenade que les cubes des bureaux et les restaurants chics. Vous n'aurez pas un autre point de vue de l'"expat" qui nomme les meilleurs restos et hotels du coin ou se vante de ses exploits en bizness aux States!;-)

  • Enfin, mes remarques ne seront peut-être pas celles que ferait une francaise 'pur sang'. Ayant été élevée pour moitié en France et pour moitié au Canada anglais (rappelons, pour les lectrices françaises fans de Roch Voisine, que la population du Canada est à 80% anglophone), je suis très empreinte de la culture nord-américaine, aussi à l'aise en francais qu' en anglais, et du coup sans doute moins atentive a certains critères typiquement francais comme les apparences, le statut d'un tel, ou que sais-je d'autre encore!

    *************

    San Francisco est unique pour moi parcequ'elle offre au même endroit une activité économique de niveau mondial (cf L'Internet), un esprit contestataire et écolo aux Etats-Unis (cf les Gays) et une forte présence d'une nature grandiose.
    Permettez-moi de vous décrire ici la vie au quotidien au contact de cette ville si active et non ses aspects économiques ou sociaux.

    San Francisco, je le disais, est la seule ville au sens français de la Baie de San Francisco et peut-être de tout l'ouest américain aussi. Parcequ'elle n'est pas une ville de gratte-ciels et de 'highways' (d'autoroutes), que les gens vivent encore EN VILLE ( et non en banlieue!), qu'elle a un centre-ville actif le soir aussi, mais qu'elle est surtout constituée d'une multitude de petits quartiers se jouxtant,
    et que c'est une ville ou on peut marcher…

    Mais de la à dire qu'elle EST comme une ville française, loin s'en faut! Elle est tellement plus verte qu'une ville francaise, avec ses parcs: le Presidio, le Golden Gate Park, qui couvrent à eux deux sans doute 20% de la ville, et ses rues plantées d'arbres et de fleurs; tellement plus spacieuse; et à l'architecture tellement moins structurée aussi.

    Vivre à San Francisco au quotidien pour moi donc, c'est respirer, admirer et …souffler! Bref, ca revigore!

    RESPIRER:

  • Respirer l'air extrèmement pur amené par le vent du large régulier qui souffle sur la ville; respirer les odeurs des fleurs en tous genres et des eucalyptus qui peuplent les parcs de la ville…( Je précise que le diesel pour les voitures est quasi-inexistant ici.. C'est lorsque l'on suit une des rares vieilles Volvo malodorantes que cela nous revient à l'esprit.)
  • C'est respirer aussi parceque l'on est toujours dehors.. Normal, 9 jours sur 10 il fait beau. Pas chaud, mais en moyenne autour de 10 degrés, avec plus ou moins d'humidité, de soleil ou de vent, mais en tous cas très peu de pluie, très peu de crachin ou de ciel de plomb comme ceux que je connais bien à Paris…Avec des enfants, c'est un climat idéal.
    Le weekend, pas de souci a se faire. Un tour au jardin d'enfant ou au parc et c'est reglé pour la sortie et le sport. Du coup les visites au musée (pour enfants ou adultes) se font, je l'avoue un peu honteusement, plutôt rares…

    ADMIRER:

  • Admirer la mer, mais aussi les montagnes au loin, et… le Pont. Eh oui, la mer est juste la… On monte, on monte et la! Arrivée en haut, on la voit… Mais ce n'est pas une mer à perte de vue. Nous donnons sur une baie, et ce que l'on voit lorsque l'on se trouve sur Divisadero avant de redescendre vers Union Street et la Marina c'est une immense lac bleu sur fond des collines vertes et de ciel d'un bleu plus clair, avec, à gauche, le Golden Gate couleur brique qui s'élance légerement d'un bord a l'autre. Quelques voiliers peuplent l'étendue mouvante, et parfois un gros cargo de la Lloyd's.
    Le weekend on peut y voir en s'approchant les planches a voile et un sport qui m'était inconnu mais qui se multiplie ici: le ' kitesurfing ' , c-à-d des surfeurs accrochés à un immense cerf-volant qui les tire comme le fait pour les (hem) has been la voile d'une planche à voile- assez flippant à observer.

    Je ne me lasse pas de cette vue de la Baie. J'ai parlé de la voir de loin mais une promenade permet d'en profiter de plus près et plus activement pendant plus d'un kilomètre en bordure de mer.

    Comment ne pas admirer cette nature à la fois majestueuse et clémente, en bord de ville? Autrement dit, quand la mer nous sert de periph'… Comment ne pas devenir au moins un peu plus (sinon complètement) écolo et zen en vivant ici, et souhaiter protéger une nature qui se présente quotidiennement a nos yeux, nous 'citadins'? C'est la l'alliance unique et merveilleuse de la ville et d'une nature grandiose qu'offre pour moi San Francisco.

    SOUFFLER

  • Souffler en faisant du sport (dehors evidemment): du jogging seule, ou avec sa poussette spéciale, du roller, du skateboard, du tennis, du windsurf, du kitesurf, de la voile, sans compter les classiques foot, baseball et autres sports d'équipe.. Le temps et les grands espaces verts de la ville n'offrent aucune excuse aux paresseux du sport…
  • Souffler en montant et en descendant les 15 marches menant à l'entrée de sa maison victorienne et en gravissant les collines multiples et variées de la ville. Dans une ville de collines, il faut monter et redescendre souvent. Autrement dit, quand la sortie en poussette devient un sport d’un genre bien différent de zigzaguer entre les crottes du trottoir, les voitures et les passants pressés…

    San Francisco est donc une ville tonique, bonne pour le coeur. (Précisons aussi pour les français que c'est une ville, comme ailleurs aux Etats-unis aujourd'hui, où on ne souffle certainement pas de la fumée! Les accros de la cigarette existent mais fument dehors et ils sont tellement rares que l'on oublie que la cigarette -et les mégots!- existe encore…)

    RESPIRER, ADMIRER, SOUFFLER là ou les "dotcom"("pointcom") qui ont survécu ont pignon sur rue, mettre ses enfants dans une des deux écoles bilingues de la ville tout en leur offrant la possibilité de jouer dans un jardin fleuri dix mois sur douze, pouvoir (pour certains!) se lever avec la vue de la mer et descendre à pied travailler pour Schwab ou Gap, voila en bref ma vision de San Francisco, la Belle Pionnière au naturel.

  • Mots-clés : Expatriation - San Francisco - USA- expatrie - Francais - Francophones - Enfants

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