Retour aux USA d’une Américaine partie en France: pas si facile

Viviane Jacobs , une psy de New York, nous présente des cas qu’elle rencontre dans le cadre de son activité de consultation auprès de familles biculturelles, notamment franco-américaines.

Quand un parent est Américain, disons la maman pour cette fois-ci et le papa est Français, que peut-il se passer au sein d’une cellule familiale biculturelle? Clairement la liste est longue mais aujourd’hui nous allons nous concentrer sur l’adaptation au pays natale de l’un des deux. En fait, il s’agit d’un retour vers les U.S.A.

Expatriation en France en famille: l’Aller

Prenons l’exemple d’une famille de quatre, le couple ayant vécu en France depuis 8 ans. Les enfants sont nés sur le terrain Parisien. La maman parle aux deux enfants dans sa langue maternelle (ce que je conseille fortement) et le papa leur parle en français tout naturellement. Entourés de la famille, soutenu par la petite école du quartier, entretenu par l’apport de la télévision et les copains, il n’y a aucun doute que le français et ses éléments culturels prédominent la maisonnée.

La maman, intelligente, curieuse de nature et douée pour les langues a appris à parler d’une façon tout à fait charmante la langue de son pays d’accueil. La voila mê me travaillant au sein d’une entreprise francaise ! Le papa est ravi de cette situation, il profite de son terroir, ses parents étant à proximité ainsi que la plupart de ses amis d’enfance. Soudainement au bout de 6 années, notre maman commence à ê tre « home-sick » et exprime régulièrement le sentiment de vouloir retrouver son pays, ses repères, sa famille et sa langue natale. D’ailleurs ajoute t-elle, je voudrais que nos enfants soient parfaitement bilingues et biculturels. Elle propose de trouver une opportunité de travail pour son époux. Etant Américaine, elle obtient aisément, visas et papiers permettant à son mari de trouver un travail rapidement.

Rapatriation aux Etats-Unis en famille: le Retour

Le déménagement s’organise et l’emménagement dans une maison en banlieue se fait en douceur, aidés par l’accueil réservé à celle qui revient au bercail. Les enfants sont inscrits dans le système américain, les deux se débrouillant bien en anglais. Le mari commence avec enthousiasme une nouvelle étape dans sa carrière, acceptant de commuter sans trop rechigner en lisant le New York Times. En fait, il apprécie de quitter ce Manhattan agité pour retrouver la verdure, le barbecue et regarder ses enfants faire de la bicyclette dans leur rue tranquille. Il s’adapte, prends des cours d’anglais dans son domaine, et profite des opportunités offertes au sein de la commune (sports d’équipes pour ses enfants et tennis pour lui).

Etrangement, son épouse, elle se languit et il la voit faire des efforts pour ne pas pleurer devant les enfants. Pourtant la voici proche de sa famille, comme elle le souhaitait, près de sa ville natale, de ses amies d’enfance et complices de collège. On lui propose mê me un mi-temps dans sa spécialité. Tout semblerait se mettre en place pour elle aussi, alors que se passe t-il ? Papa va pourtant bien, les enfants s’intègrent, c’est maman qui ressent de l’anxiété, elle prend du poids, et elle perd le sommeil. Finalement elle décide de consulter pensant que ses émotions sont la suite d’une dépression dite hormonale. Curieux cas de figure pensez- vous, et bien, pas si rare que cela de sombrer en retour d’expatriation.

Notre maman devient nostalgique de la France, de Paris, de son charmant appartement avec le concierge disponible pour les réparations, son quartier avec la délicieuse boulangerie ou la charcuterie à moins de dix minutes à pieds. Sans compter une maîtresse d’école qui comprenait si bien ses enfants depuis leur petite enfance et le parc o๠elle retrouvait ses amis/mamans le week-end. Mê me le repas familial du Dimanche chez ses beaux-parents commence à lui manquer€¦ Quoi lui dire pour l’aider à làcher sans avoir peur de tout perdre et d’un autre coté, recommencer avec énergie et espoir ? Je commence toujours par valider l’émotif ressenti et à normaliser l’expérience vécue car elle est rarement unique quoiqu’elle soit ressentie à des degrés différents dépendant d’un bagage personnel.

Revenir chez soi après une longue expatriation ne va pas du tout de soi

Parfois, il ne suffit pas de rentrer chez soi, de retrouver sa langue de cÅ“ur et d’apprentissage pour se sentir acceptée, comprise et incluse. L’on se questionne sur la décision prise, la valeur d’un tel changement et la solitude qui pèse et envahi sans prévenir. Il faut laisser au temps le temps. Créer un nid n’est pas la mê me chose que de trouver une maison, envoyer ses enfants dans une nouvelle école demande une compréhension d’une autre philosophie d’éducation, sans compter que les règles culturelles environnantes soudainement envahissent les codes et habitudes de la famille en expatriation. Jamais cette maman aurait-elle pensé qu’elle se sentirait en terre étrangère sur son propre fief et entourée de ses compatriotes !

Prochain article: l’effet de ce type de retour et d’expatriation sur le couple et l’ambiance familiale.

– > Contact: Vivian Jacobs
914- 725- 6473
www.VivianjacobsLMFT.com

Suite de l’histoire: Le Retour de notre famille franco-américaine aux USA – Début des soucis

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.